Quelles perspectives à la « crise en Libye »? Les risques d’insécurité et d’instabilité se multiplient .. Par Kamel Ben Younes

+ Une nouvelle « feuille de route » s’impose

La fermeture du poste frontière de Ras Jedir se prolonge.
Les pertes sont énormes pour les millions de citoyens tunisiens et libyens qui dépendent des secteurs liés aux mouvements dans les 2 sens.
Les échanges de tirs avaient paralysé les échanges commerciaux et les mouvements des travailleurs, et capitaux.
Les autorités sécuritaires libyenne avaient fermé « provisoirement » la station terrestre principale bilatérale.
Les autorités tunisiennes ont suivi.
Mais jusqu’à quand ?

Instabilité…

Les revenus de centaines de milliers de familles tunisiennes et libyennes et d’hommes d’affaires dépendent des échanges bilatéraux et du regain de la sécurité dans la route reliant Sfax à Tripoli, via Ben Guerdane_Zouara.
Malheureusement, c’est un nouveau retour au « point mort ».
Les milices armées et des forces gouvernementales antagonistes essaient de dominer les routes commerciales , les ports maritimes, aériens et frontaliers.
Ce nouveau dérapage securitaire rappelle les émeutes sanglantes depuis 2011 entre les « grands poissons » qui dominaient les aéroports, les centres de production et d’exportation des hydraucarbures ainsi que les armes lourdes.
Depuis 2015,les initiatives internationales et régionales pour imposer « la sécurité et la paix » ne cessent d’émerger.
Les envoyés spéciaux de Washington et ses alliés de l’Otan, ainsi que des pays concurrents, avaient promis de résoudre définitivement la « guerre civile en Libye ».
Certaines capitales de la région, y compris Telaviv et Abou Dhabi, sont de plus en plus impliquées. Mais la situation ne cesse de se compliquer.
Un blocage securito militaire cache l’autre.
C’est un cercle vicieux.

Démarches contradictoires

Les « médiateurs » américains et leurs alliés adoptent des démarches contradictoires en » soutenant » en même temps les belligérants de l’Est et de l’Ouest et en collaborant avec les gouvernements antagonistes de Tripoli et de Benghazi.
Ces démarches compliquent les crises et n’aboutiraient jamais à une solution durable.
Une fois de plus depuis les guerres du golfe, d’Afghanistan et le « printemps arabe » Washington arrive à faire tomber les régimes mais echoue dans tous les processus de gestion de « l’ après guerre ».

Une nouvelle feuille de route

En même temps des « chefs de guerre » et des milliardaires libyens font tout pour avorter les processus politiques et diplomatiques de résolution de la crise.
Les conflits d’intérêts inter libyens s’aggravent.
Les nouveaux incidents frontaliers le confirment.
Les crises structurelles et conjoncturelles risquent de provoquer de nouveaux problèmes pour le peuple libyen frère mais aussi pour la Tunisie et tous les pays de la région.
Que faire ?
Une nouvelle  » feuille de route » s’impose et la diplomatie tunisienne doit agir vite en collaboration avec l’ONU et les autorités libyennes.
Trois preconditions pour réussir : impliquer les nations Unis, mettre fin aux promesses et démarches contradictoires avec les belligérants à Tripoli et Benghazi et impliquer les patriotes libyens qui croient que la solution finale devrait être nationale et interne.
Il faut absolument mettre fin aux démarches visant à diviser le pays en deux ou trois, avec le slogan de  » créer un état fédéral ».
La Tunisie restera le pays » le plus proche » de la Libye, car 80 pour cent du peuple libyen et de ses décideurs sont à l’ouest.
Elle n’est pas concernée par « les disputes » entre pays de l’Otan et leurs concurrents sur le « partage du gâteau libyen ».
En même temps, elle a plus de chance pour collaborer avec tous les « grands décideurs » libyens et internationaux au sein de L’ONU au service de la paix, la stabilité et une meilleure coopération économique et sécuritaire.
Le gouvernement et les diplomates tunisiens doivent agir vite, à commencer par une démarche qui entraîne à la réouverture immédiate des frontières terrestres pour servir les intérêts des deux peuples mais aussi ceux de nos voisins algériens et nos partenaires euro méditerranéend et africains.

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