C’est le moment des diplomates professionnels .. La fermeture des frontières ne devrait pas se prolonger .. Par Kamel Ben Younes

Tunisie _ Libye_ Maghreb :

Les incidents au côté libyen du port routier frontalier de Ras Jedir auraient surpris les autorités et les citoyens tunisiens et libyens.
Le coup du retour au cycle de violence et d’opérations militaires entre groupes armés et forces de l’ordre libyennes serait très élevé pour les 2 peuples et les 2 gouvernements.
Il s’agit bien d’un blocage du « deuxième poumon » de la Tunisie et la Libye.
Sa prolongation risque d’aggraver les crises économiques et politiques structurelles et conjoncturelles actuelles.
De même que pour toute la région du Maghreb.

Conflits régionaux

Les impacts négatifs de la fermeture des frontières algero marocaines sont déjà assez lourdes pour toute la région.
Depuis des semaines, la tension entre Alger et Rabat monte et commence à inquiéter et prend une dimension internationale.
Le Maroc passe en force pour « récupérer tous ses districts du Sud », et annonce une « grande alliance entre les pays africains sahariens atlantiques ».
Des pays occidentaux influents le soutiennent officiellement , y compris les USA et l’Europe de l’ouest, dont l’Espagne, l’Allemagne et la France.
Parallèlelent, l’Algérie multiple ses démarches avec ses alliés géo stratégiques internationaux, y compris l’Italie, la Russie, la Chine, la Turquie,le Qatar,l’Iran… et des pays africains.
Alger réussit même à créer une « alliance maghrébine » avec Tunis, Tripoli et Nouakchott.
Elle continue à soutenir le front du Polizario, accusé par Rabat et ses alliés d’être un « mouvement séparatiste et hostile ».
Le résultat est le gonflement des budgets militaires et sécuritaires dans les 2 pays. Les grands producteurs et commerçants d’armes internationaux en profitent.

Le rôle des « sages »

Dans ce climat de tension la grande question qui s’impose est : ou sont les diplomates professionnels ?
Trente cinq ans après le sommet de Marrakech, le grand maghreb est toujours « un projet » et « un rêve ».
Le fossé entre la réalité et les aspirations d’intégration et de complémentarité régionale est de plus en plus grand.
Aussi bien pour les conflits en Libye que ceux entre Rabat et Alger, les « sages » dans toute la région devraient intervenir et donner une nouvelle chance à la voie de la raison.
La convergence des intérêts devrait être la priorité absolue des « grands décideurs ».
Le développement, la stabilité et la sécurité des pays et des peuples de la région dépendent de la sortie de la logique des « complots » et des mauvais calculs conjoncturels.
Il faudrait tirer les leçons des grands états qui avaient perdu des dizaines de millions de leurs enfants au cours des deux guerres mondiales .
Mais ils ont fermé la « parenthèse des guerres » et sont passés au stade de la coopération économique puis à l’union.
Les conflits internes au sein de chaque pays maghrébin ou ceux à aspects régionaux et internationaux devraient être résolu dans le plus brefs délais, grâce aux diplomates professionnels et aux politiciens chevronnés.
La Tunisie, avec ses réseaux officiels et indépendants régionaux et internationaux, pourrait jouer un rôle très positif.
Les fermetures des frontières ne devraient pas continuer. Elles ne servent pas les intérêts des dizaines de millions de citoyens Nord africains.
Restons optimistes.

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